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Le Harper's Bazaar au musée !

J’y étais allée début mars, juste avant la fermeture des musées, et j’avais relayé ma visite par des posts enthousiastes sur Facebook et Instagram et un article, déjà, sur Brunette. Mais l’expo, qui devait se clôturer en juillet, a été prolongée jusqu’au 3 janvier prochain : c’est l’occasion unique de vous inciter à y aller, et à faire passer l’info.

Parce que cette vaste rétrospective sur un siècle et demi d’existence d’un des plus grands magazines de mode, le Harper's Bazaar (créé en 1867), n’est pas seulement un hommage à une success story de la presse : c’est aussi un retour très instructif et superbement mis en scène sur un énorme pan d’histoire et de culture de la mode (couturiers, créateurs, photographes, tendances…), et on en prend plein les yeux !

Décennie par décennie, le musée des Arts décoratifs revient ainsi sur les créations de mode les plus fortes du moment, qui sont mises en regard des parutions et des innovations esthétiques du magazine. Un focus historique sur le beau à partager et à transmettre aux plus jeunes.

De la fin du XIXème à aujourd'hui

L'absolue modernité des années 20 et 30, la force des années 40, le charme et le glamour des années 50, la fraîcheur, l'impertinence et l'inventivité des années 60 et 70, l'énergie des années 80, le retour au classicisme et à l'épure des années 90, l'opulence des années 2000...

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Des numéros de la fin des années 30 et début des années 40 © D.R. / E.L.

 

Un grand pan de culture générale en même temps qu'un hommage appuyé à des photographes cultes, comme Richard Avedon, Peter Lindbergh, Hiro ou Jean-Paul Goude, pour ne citer qu'eux, à qui les rédactrices en chef successives du magazine ont laissé carte blanche.

Parallèlement aux photographes (et avant l’irruption de la photo…), le Harper’s Bazaar a collaboré avec les plus grands artistes du XXème siècle : Man Ray, Salvador Dali, Andy Warhol, mais aussi Picasso, Cocteau, Matisse, lesquels ont contribué à l’esthétique parfois visionnaire du magazine.

Un magazine engagé et culturel

Dès l’origine, la revue s’adresse aux femmes afin de les instruire en matière de mode, de société, mais aussi d’art et de littérature. Elle s’engage très nettement pour la cause féminine. Sa première rédactrice, Mary Louise Booth, est ainsi suffragiste et abolitionniste. La francophilie de cette femme de lettres rejaillit dans toute l’histoire du magazine.

Harper’s Bazaar est aussi une revue littéraire qui accueille les écrits de Colette, Simone de Beauvoir, Françoise Sagan, tout en publiant aussi, bien sûr, les écrivains de langue anglaise comme Virginia Woolf, Patricia Highsmith…

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La révolution Christian Dior. C'est la rédac' chef Carmel Snow qui invente la formule "New Look" © D.R. / E.L.

Une référence esthétique

Au-delà de son contenu, ce sont les partis pris esthétiques forts du magazine contribuent à sa notoriété : il devient une référence. Les grands couturiers internationaux Charles-Frederick Worth, Paul Poiret, Jeanne Lanvin, Madeleine Vionnet, Elsa Schiaparelli, Christian Dior ou encore Cristobal Balenciaga doivent beaucoup au Harper’s Bazaar.

L’exposition s’articule autour de soixante créations de couture et de prêt-à-porter, présentées en correspondance avec leur parution dans le magazine. Elle rend aussi hommage aux personnalités qui l’ont façonné, et notamment au trio Carmel Snow (rédactrice en chef), Alexey Brodovitch (directeur artistique) et Diana Vreeland (chroniqueuse de mode) qui, à partir des années 30, propulse le magazine dans la modernité.

Harper’s Bazaar, premier magazine de mode
Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli (Paris 1er), jusqu’au 3 janvier 2021.

 

17/06/20

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