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Mars 2020

Le virus... de la coiffure 

Dans cette crise sanitaire inédite et exceptionnelle qu’est celle du Covid-19, qui a dit que les coiffeurs faisaient partie des commerces « non essentiels » ? Après les polémiques, erreurs et maladresses qui ont rapidement circulé, sur les réseaux sociaux, à l’annonce de la fermeture obligée de la grande majorité du commerce hexagonal, le bon sens et l’humour se sont vite frayé un chemin. Et parmi les professionnels de la coiffure… et dans la société toute entière. Montrant à quel point (mais on le savait déjà) les coiffeurs étaient, sur le plan psychologique au moins autant que sur le plan pratique, furieusement nécessaires à l’équilibre de la population !

Des habituées complètement accro

Tout d’abord, ce sont les habituées des salons qui ont eu beaucoup de mal à comprendre qu’on ne puisse pas faire exception pour elles. Une femme est toujours unique, à ses yeux, mais pour le rester, elle a bien souvent un besoin impérieux d’aller chez le coiffeur. Et pas n’importe lequel : chez son coiffeur.

Alors, oui, la grande majorité des commerces devaient baisser leurs rideaux, mais quand même, on allait bien faire un petit effort pour leurs racines/leurs états d’âme/leurs longueurs/leur frange… ! Malgré leur gentillesse légendaire et leur sens de l’adaptation, les coiffeurs se sont littéralement arraché les cheveux, ce fameux lundi 16 mars, quand il a fallu répondre non à leurs clientes qui insistaient pour les voir au salon, seules, ou même… « à domicile » (soyons cool, hein ?...) 

Des blagues potaches à base de poils

Les blagues potaches ont alors pris la suite, devenant virales et, assez rapidement, un peu lourdes, sur le thème du yéti, de Chewbacca ou de tout autre animal poilu que nous allions tous devenir en l’absence des soins capillaires et esthétiques les plus élémentaires – mais surtout les femmes, quand même, on n’est pas complètement sorti du sexisme ordinaire… 

Et, d’Instagram à Twitter, des célébrités aux anonymes en passant par les influenceuses, ce fut à chacun de dégainer sa petite madeleine de Proust du ratage capillaire, en version coiffure adulte ou coiffure enfant, sous la forme, le plus souvent, d’une frange « maison », coupée par maman, ou la sœur aînée, à la bonne franquette, en plein cœur des années 70…

Des tutos pour éviter le pire

Tant et si bien que de grand(e)s coiffeurs(ses) se sont même dévoué(e)s pour rappeler aux novices le B.A.BA de la coupe de la frange, et qu’exceptionnellement les colo maison, mais vraiment en dépannage, étaient désormais tolérées… non sans une légitime appréhension, côté professionnels, concernant l’état des cheveux qu’ils auraient à traiter « après ». La pétillante Sophie Fontanel, journaliste de mode bien connue pour avoir réhabilité les cheveux blancs s’est même fendue d’un post sur le sujet, rebondissant sur la blague de quelqu’un qui craignait, après le confinement, « de finir avec la chevelure de Sophie Fontanel, le vestiaire de Britney Spears en 2007, et la silhouette de Mariah Carey » !

Réhabilitons les coiffeurs !

Oui, bien sûr, cette crise est grave et ne doit pas être prise à la légère. Une grande majorité des Français en est désormais consciente, bien que tous les réflexes ne semblent pas encore complètement acquis. Mais, lorsque l’on sortira de tout ça, et l’on en sortira - espérons-le, avec le maximum de nos proches autour de nous -, l’heure de la prise de conscience aura sonné : dans la vie courante, quand tout va à peu près bien, que ceux l’on aime sont bien portants, il faudra perdre l’habitude de râler et de contester par réflexe – avant même, souvent, de réfléchir.

Il faudra sans doute aussi, pour ceux qui le font encore, arrêter de regarder de haut les coiffeurs (esthéticiennes, etc.) et admettre que leurs soins, leur gentillesse et leurs égards valent bien plus que ce qu’on pense - et, souvent, que ce qu’on paye. Et, pour reprendre la jolie formule d’une coiffeuse également prénommée Eve, coiffeurs, préparez-vous à prendre de la valeur !

 

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